Les 300m de M. Eiffel

Un film d’animation de 10 minutes, diffusé sur un triptyque de grands écrans pour raconter la construction et le fonctionnement des premiers ascenseurs.
Ce film fait partie depuis août 2014 du parcours muséographique permanent,
et est diffusé tous les jours au premier étage de la Tour.

Missions

Direction artistique

Contribution contenu (à partir du programme muséographique)

Co-écriture du scénario

Illustrations (à la manière de…)

Tournage et direction des figurants

Réalisation

Du concours à la commande

J’ai été retenu pour concevoir et réaliser en motion design un spectacle multi-écrans, inauguré en septembre 2014, et installé au 1er étage de la Tour Eiffel.

Défi

Le défi induit par la commande de la SETE (Société d’Exploitation de la Tour Eiffel) supposait l’utilisation rigoureuse de 3 écrans en triptyque et une narration exempte de toute bande‐son ou commentaires (muséographie permanente et en plein air). Des contraintes exigeantes au regard du contenu muséographique à transformer et à transmettre.

Emplacement et taille du triptyque d’écrans. Visualiser taille réelle et contexte, une étape fondamentale avant la conception

Illusion

Le brief suggérait des illustrations à main levée comme fil narratif. J’ai proposé un autre chemin: utiliser l’élégante iconographie du XIXe et les moyens visuels les plus actuels pour faire participer le public à l’aventure constructive.

 

«La tour de trois cent mètres».
Une perle de communication, par Gustave Eiffel, en 1900.

L’open source Eiffel

Eiffel a tout documenté – jusqu’au plus petit détail, et avec une grande qualité graphique – dans les 2 volumes de «La tour de trois cents mètres». C’est de l’open source avant l’heure ! Car on pourrait reconstruire une Tour Eiffel en suivant les plans. C’est ce que j’ai fait, en partie et de façon virtuelle.

 

 

Réappropriation

Pour « reconstruire » la Tour, l’intervention graphique ne reprend pas la main sur les ingénieurs et dessinateurs d’origine ; avec ses moyens contemporains, celle-ci applique à leur dessin une série de traitements qui gomme la patine du passé, remet en avant les technologies de pointe, réinsuffle la vie et la vibration des couleurs dans l’image.

J’ai redessiné en Illustrator des parties entières, en élaguant les détails trop techniques, mais en conservant texture et aspect.

Une fois recomposés en After Effects, les mécanismes dessinés fonctionnent comme dans la réalité (le siècle dernier).

Partition pour trois écrans. La séparation en 3 est bien présente:
il faut donc "jouer" avec le format imposé. Comment?
Avec un jeu de ricochets, de zooms, de focus… 
les raccords ou renvois entre écrans, et toutes sortes de liens visuels servent à « nouer » le récit.

Échelle temporelle

L’imagerie d’époque est réinvestit dans une simultanéité de visualisations et d’affichages propres aux outils les plus actuels (webcam, géolocalisation, time-lapse, morphing…). L’élévation progressive de la Tour qui égrène son compteur sur 2 ans, 2 mois et 5 jours semble gérée par une webcam. Elle occupe un des 3 écrans. 
Une séquence accélérée (time-lapse) de nuages tournés à Paris est incrustée en filigrane, et ajoute sa note poétique à l’idée du temps qui passe.

1 mois de chantier = 7 secondes de film.

Le déroulement du propos est en accord avec le compteur et l’évolution de la tour selon l’échelle 1 mois de chantier = 7 secondes de film.

Une séquence reconstituée inédite ! Elle adopte le point de vue du piéton pour restituer ce que les Parisiens ont vu à l’époque. Chaque image source est pré-positionnée et ses parties hors‑champ artificiellement reconstituées. Une succession de fondus enchaînés produit un morphing fluide et saisissant de réalisme.

Une séquence accélérée (time-lapse) de nuages est incrustée en filigrane et ajoute sa note poétique à l’idée du temps et des saisons qui passent.

Les nuages servent aussi à lier la diversité des documents dans une narration unique.

L’iconographie d’époque n’est pas "sacralisée" mais transformée pour que le propos soit explicite.

Échelle monumentale

Animer la Tour elle-même, et non pas des schémas de la Tour ! 
La technique du tournage sur fond vert permet d’incruster des silhouettes animées au cœur de l’ouvrage. Celles-ci donnent l’échelle du monument, redonnent vie aux événements et soutiennent la narration.

Impossible de se rendre compte de la taille réelle à partir des dessins.

Donner l’échelle, comprendre le niveau du sol, faire un pont entre le dessin, la photo et la réalité: cette séquence fait un clin d’œil à une photo historique d’Eiffel avec son contremaître en visite sur le chantier.

 

Deux jours de tournage avec des amis qui se sont prêtés au jeu.

Anecdote

Pour l’une des scènes, j’ai voulu reconstituer les pas des premiers visiteurs ayant franchi les marches à l’inauguration de la Tour. Dans le livre La tour de trois cents mètres, il y a un dessin côté de marches. Cela m’a permis de fabriquer un doublon dans les bonnes proportions pour tourner la scène sur fond vert et mélanger une fois de plus, dessin technique, moment historique et réalité reconstituée.

Arts et métiers en pictogrammes

Les 3 écrans fonctionnent par jeu de « ricochets » et entretiennent entre eux des liens logiques soulignés par les pictogrammes animés ; ils précisent d’un écran à l’autre l’emplacement d’un détail sur la structure d’ensemble, « surlignent » les principes constructifs, les gestes du bâtisseur, les  forces appliquées à la matière. Dans le même registre international, la construction de la Tour est traduite en mots et en chiffres (toujours éloquents).

2 m

Crédits film

 

Un film de
Edoardo Cecchin

Écrit par
Edoardo Cecchin & Marie Cuisset

Effets Keylight Maïa Gascuel

Production
La Méduse, Anne Jaffrennou & Chanel Seguin

Direction de projet
Agence Moatti-Rivière

Commissariat
Lydia Elhadad pour l’Agence Moatti-Rivière

Iconographie
Nathalie Rosenblum pour la SETE

Traduction Stoquart

© SETE 2014

Crédit iconographie

 

© Société d’Exploitation de la Tour Eiffel

© RMN-GP (Patrice Schmidt / Hervé Lewandowski / D.R. / Image BNF)

© RMN-GP / ADAGP

© Roger Viollet

© Archives départementales des Hauts-de-Seine

© Archives municipales de Levallois-Perret

© Sébastien Jaulmes

© Edoardo Cecchin, création d’après « La Tour de trois cents mètres », 1889

 

 

Remerciements

Éric Trahand, agent de maîtrise moyens d’ascension Tour Eiffel • Stéphane Roussin, chef du service maîtrise d’œuvre Tour Eiffel • Jean-Alex Foret, ingénieur services techniques Tour Eiffel 1989–2007 • Xavier Théret, conservateur des Archives Municipales de Levallois-Perret • Hugues Wolff • Cécilia Génard • Patrick Rubin, Canal Architecture, Laurence Madrelle, LM communiquer.

 

Un grand merci aux figurants :

Anne Frese, Cécilia Génard, François-Xavier Armand, Julien Martin, Marie Lejault, Chanel Seguin,
Oskar Seguin, Pierre Tolmer, Sébastien Jaulmes,
Théo Mongourdin, Tristan Sylvain Gaignault,
Yannick Fleury.